Chroniques littéraires·Polar-Policier-Thriller

« Une femme qui cherche à s’élever dans ce monde doit être encore plus cruelle que les hommes »

A dix-sept ans, Gwendolyn Bloom est loin d’avoir une vie ordinaire. Sa mère a été assassinée sous ses yeux dix ans auparavant et, depuis, elle a suivi son père, diplomate,  aux quatre coins du globe. Installée à New York il y a peu, elle a du mal à se fondre dans le moule de la lycéenne lambda. Le destin a, de toute façon, d’autres projets pour elle… Le jour où son père disparaît à l’étranger, Gwendolyn voit sa vie basculer. Le gouvernement américain refuse de s’en mêler et elle décide de partir à sa recherche, seule. C’est le début d’une longue traque et d’un voyage qui va la changer à tout jamais. Contrainte d’infiltrer les milieux criminels les plus dangereux, Gwendolyn découvre la face cachée de l’Europe, de Paris à Prague, en passant par Berlin. Pour survivre dans ce nouvel univers, elle n’aura pas le choix, elle devra devenir aussi impitoyable que ses ennemis. Saura-t-elle puiser en elle cette cruauté?

[Ce que j’en pense:] Ce livre commence sur des clichés, tout peut paraître se dérouler trop facilement mais je dois le reconnaître, ce livre est efficace.

Tout d’abord, nous avons affaire à une héroïne assez atypique qui a vu sa mère mourir sous ses yeux et son père voyage beaucoup dans le cadre de son travail. Ce qui fait qu’elle parle plusieurs langues et n’a pas vraiment d’amis. Quand je dis que le début est cliché c’est qu’elle n’est pas la plus populaire de l’école, elle se fait malmener par les pestes et l’ami qu’elle se fait est un geek. Plus cliché que ça, on meurt. Mais la tournure des événements va faire voler tout cela en éclat. J’ai aimé la voir devenir quelqu’un d’autre dans le seul but de retrouver son père, j’ai aimé la voir affronter des situations qui sont très difficiles, la voir essayer de tirer son épingle du jeu et devoir s’endurcir pour survivre. A ce moment-là, le titre du livre prend tout son sens.

Maintenant, je vais parler de facilité. Parce qu’il ne faut pas se mentir, une fille même pas majeure qui a une formation accélérée en krav maga et qui arrive aussi facilement à traverser les obstacles qui se dressent sur son passage, j’y crois moyen. Surtout quand le grand méchant, qui est censé être un mafieux de première, se fait avoir du début à la fin par une ado. C’est assez paradoxal avec les situations assez dures que l’auteur fait vivre à Gwen.

Après un départ assez lent, la suite de l’histoire se révèle assez rythmée. On court de pays en pays avec Gwen dans l’espoir de retrouver son père, on se demande ce que l’on ferait si on était confronté à de telles situations, on a peur pour elle, bref on passe par un melting pot d’émotions. La fin nous tient également en suspens car on se demande vraiment ce qui va pouvoir lui arriver dans les prochains livres. Scott Bergstrom a une écriture assez visuelle, il n’est pas difficile de se faire le film des événements dans notre tête et sa plume est également très fluide.

En conclusion, même si le récit n’est pas parfait, il est diaboliquement efficace. Un vrai « page turner » !

The cruelty, tome 1 – Scott Bergstrom / Editions Hachette, 2017, 425 p., 18€

Chroniques littéraires·Fantasy

« My name is Celaena Sardothien, she whispered. But it makes no difference if my name’s Celaena or Lillian or Bitch, because I’d still beat you, no matter what you call me »

After serving out a year of hard labor in the salt mines of Endovier for her crimes, 18-year-old assassin Celaena Sardothien is dragged before the Crown Prince. Prince Dorian offers her her freedom on one condition: she must act as his champion in a competition to find a new royal assassin.

Her opponents are men-thieves and assassins and warriors from across the empire, each sponsored by a member of the king’s council. If she beats her opponents in a series of eliminations, she’ll serve the kingdom for four years and then be granted her freedom. Celaena finds her training sessions with the captain of the guard, Westfall, challenging and exhilarating. But she’s bored stiff by court life. Things get a little more interesting when the prince starts to show interest in her … but it’s the gruff Captain Westfall who seems to understand her best.

Then one of the other contestants turns up dead … quickly followed by another. Can Celaena figure out who the killer is before she becomes a victim? As the young assassin investigates, her search leads her to discover a greater destiny than she could possibly have imagined.

[Ce que j’en pense:] Ce livre c’est trop d’la bombe! Je l’avais déjà repéré quand il était sorti en anglais. Ensuite est arrivée sa traduction en français et mon dieu le titre, quelle horreur! J’ai donc profité d’une escapade en Angleterre pour l’acheter. Et pour dire à quel point j’ai adoré, pendant ma lecture j’ai commandé les tomes 2 et 3 pour être sûre de pouvoir les enchaîner sans devoir attendre.

L’auteur a indéniablement un don pour écrire ses histoires. On est directement happé dans son univers, il y a de nombreuses choses qui se passent et on ne s’ennuie pas une seconde. En fait, on vit carrément les événements avec les personnages. On a peur, on rit et on pleure avec eux.

Au fil de la lecture, on se demande comment les situations seront résolues, à savoir : comment Celaena va-t-elle faire pour gagner ce tournoi ? Sera-t-elle à la hauteur malgré sa réputation ? Qui tue les adversaires et va-t-elle subir le même sort ? Va-t-elle craquer pour le prince Dorian ou pour le capitaine Chaol (ou les deux ^^) ? La magie a été bannie mais a-t-elle réellement disparue et où se trouve-t-elle ?  Comment faire face au roi et le renverser ? Bref, comme vous pouvez le constater, on n’a pas de quoi s’ennuyer et toutes les questions ne seront pas forcément résolues dans ce premier tome. C’est d’ailleurs là qu’on se rend compte que l’auteur voit grand. Elle nous raconte une histoire mais pose en même temps les jalons pour les tomes suivants. On prend conscience de la complexité de son univers.

Au niveau des personnages il y a une bonne dynamique entre le trio Celaena-Dorian-Chaol, ce qui permet de ne pas les résumer à un triangle amoureux. L’auteur évite de faire dans la guimauve et heureusement car cela ne collerait pas avec le caractère de l’assassin. Celaena est un redoutable personnage que l’on découvre assez posée et réfléchie. Même si elle est redoutée, elle sait s’adoucir par moment. Et oui, même le meilleur des assassins n’est pas qu’une brute épaisse! Là aussi on sent que l’auteur ne nous dit pas tout sur son personnage et qu’elle nous réserve quelques surprises.

Allez, s’il faut soulever un point négatif, je pense que les épreuves du tournoi auraient mérité qu’on s’y attarde un peu plus. Mais bon c’est juste histoire de chipoter un peu…

En conclusion, ce premier tome addictif m’a juste donné envie de me jeter sans retenue sur les suivants. J’ai hâte de continuer à vivre des péripéties aux côtés de notre trio infernal 😀 Mention spéciale pour les couvertures en VO qui sont juste sublimissimes! ❤

Throne of Glass, book 1 – Sarah J. Maas / Editions Bloomsbury, 2012, 432 p., £7.99

Note : Livre lu en anglais. Il a été édité en français chez De la Martinière (Fiction J.) sous le titre Keleana, tome 1 : L’assassineuse ou bien chez Le Livre de Poche sous le titre Keleana, tome 1 : La prisonnière. Au fait, si vous savez lire en anglais, ne perdez pas votre temps et lisez en VO parce qu’en français, seuls trois tomes sur cinq ont été publiés…

Traduction du titre de l’article : « Je m’appelle Keleana Sardothien, chuchota-t-elle, mais peu importe que mon nom soit Keleana, Lilian ou Salope: Quel que soit celui que tu me donneras, je te battrai toujours. »

Chroniques littéraires·Fantasy

« Calme tes ardeurs Daddy, nous ne nous connaissons pas encore assez pour autant d’effusion »

Tout juste de retour au camp des Myrmes, Cassiopée affronte une première déconvenue : Gabriel est en mission espionnage et les deux amoureux sont brutalement séparés. Arrive alors Leo, un jeune homme mal en point qui ne tarde pas à révéler sa véritable identité. Ancien Myrme devenu Narque, il a un message à lui transmettre de la part de Manassé : Cassiopée est en danger au sein de son propre clan. Le mal serait-il vraiment du côté des Narques ? Gabriel est bientôt porté disparu. Tout porte à croire qu’il est mort, mais Cassiopée, convaincue du contraire, décide de suivre son intuition et part à sa recherche, aidée de ses amis.

[Ce que j’en pense:] J’étais bien contente de pouvoir lire le tome 2 juste après le tome 1, au moins ça m’a permis d’être directement dans l’histoire. Sur ce, on ne va pas y aller par quatre chemins, ce tome est globalement moins bon.

La grande nouveauté est l’alternance des points de vue entre Gabriel et Cassiopée. Nous avons quelques chapitres selon le point de vue de Gabriel et cela nous permet de suivre ce qu’il fait en parallèle de l’histoire de Cassiopée. Cela permet aussi d’un peu mieux le connaitre, de voir comment il réfléchit aux différentes situations qui se présentent à lui. Concernant Cassiopée, même si elle gagne en maturité et maîtrise mieux ses pouvoirs, elle reste très immature. J’avoue, je m’attendais à plus « d’évolution » de ce côté là de sa part. Par contre pas de panique, elle a toujours son sens de la répartie! Les amis de Cass’ sont de bons personnages secondaires, ils lui sont très fidèles et prêts à la suivre jusqu’au bout du monde. Pour finir avec les personnages, j’ai eu un gros coup de coeur pour Deb. Il est excellent! 😀

Concernant l’histoire, il y a clairement quelques longueurs qui cassent le rythme. Le ton est aussi plus grave et il y a plus de moments poignants. C’est là qu’on se rend compte qu’il y a « quelque chose de pourri au royaume du Danemark » comme dirait ce bon vieux Shakespeare et chez les Narques, ce n’est guère mieux. A mes yeux il n’y a pas eu de réelle surprise dans le déroulement des événements et sur les révélations faites. C’est dommage mais cela ne gâche pas non plus la lecture.

En conclusion, même si ce 2e tome est en-dessous du 1er, j’ai vraiment hâte de savoir comment nos amis vont s’en sortir…

Les ailes d’émeraude, tome 2 : L’exil – Alexiane de Lys / Editions France Loisirs (Nouvelles plumes), 2016, 489 p., 18.95€

Chroniques littéraires·Romance

« Une impressionnante tempête assombrissait ses prunelles métalliques et elle paraissait vouloir m’engloutir entièrement dans ses ténèbres »

Le jour – ou plutôt la nuit – où Chris rencontre Kate, ça ne se passe pas vraiment dans les règles de l’art. Lui a beaucoup trop bu et s’est trompé de tente, et elle, furieuse, le menace carrément. Chris n’est pourtant pas vraiment le genre de mec à qui on cherche des emmerdes. D’ailleurs, lui et son mode de vie de bad boy représentent tout ce que Kate tente d’éviter : les problèmes, elle en a déjà assez avec la mort de sa mère et la responsabilité de sa petite sœur sur les bras. Mais c’est compter sans l’étrange attirance qu’ils ont immédiatement l’un pour l’autre, presque à leur corps défendant…

[Ce que j’en pense:] Et ben… et ben voila. J’avoue, je ne suis pas à l’aise en rédigeant cet avis. J’avais tellement entendu plein de bonnes critiques sur ce livre, qu’il était un coup de coeur chez de nombreuses personnes que je suis déçue de mon ressenti. A mon avis j’en attendais de trop. Je n’ai pas détesté le livre, c’est faux, j’ai quand même passé un bon moment lecture. Disons qu’il ne me laissera pas de souvenir impérissable. Après ma lecture, je me suis dit « Allez Océane, laisse le livre ‘décanter’ quelques jours, peut être que tu n’as pas encore réalisé que tu as aimé ta lecture ». Et ben… pas vraiment. Quand j’y pense, ce qui me saute tout de suite au visage, ce sont ces moments où je me suis dit que c’était long et que ça n’avançait pas. Et ça, ça ne trompe pas chez moi. Généralement, quand je regarde ce qu’il me reste à lire, c’est pour me dire « Mince, il ne reste que ça ». Ici c’était tout le contraire.

Pourtant les idées du roman sont bien, peut être pas toujours des plus originales, mais disons que ça fonctionne. Pour les personnages, on a bien évidemment les exacts opposés. Chris le bad boy, qui trempe dans des affaires louches, qui n’arrive pas à s’en sortir et qui veut tout faire pour avoir un avenir avec celle qui le fait craquer. Kate la fille parfaite qui a vécu des coups durs mais qui tient bon parce qu’elle a une petite soeur à assumer. Il y avait une bonne idée qui a surgi à un moment donné. Généralement quand il y a des soucis dans un couple (j’entends par là à cause d’affaires louches ou de personnages gravitant autour des héros), ils viennent principalement d’un des deux personnages. Ici on aurait pu avoir ce genre de problèmes aussi bien venant de Chris comme de Kate mais c’est vite tombé à l’eau. J’aurais tellement aimé que ce soit plus poussé du côté de Kate. Je trouve que ça servait juste à « résoudre » le problème de Chris sur la fin et c’est dommage car cela aurait pu donner quelque chose d’intéressant. Ensuite, la situation de Mel m’a fait penser à ce qui se passe dans Fight for love : tome 1 Real de Katy Evans. C’est d’ailleurs tellement ressemblant que je me suis demandée si je lisais bien Bad romance!

Ce que j’ai fortement apprécié, c’est ce qui se passe à la fin. On ne nous décrit pas tout de suite ce qui s’est réellement passé, on ne le sait que par après soit grâce aux événements qui en découlent, soit quand Chris donne des explications. Au début j’ai eu l’impression que le problème était vite expédié mais en fin de compte, j’ai apprécié la manière dont l’auteur a décidé de nous faire savoir ce qui est arrivé. Cette fin m’a aussi posé un problème concernant le personnage de Chris. C’est seulement à ce moment là que je me suis attachée à lui car on comprend ce qui ne tournait pas rond chez lui… ce qui est bien trop tard.

Pour résumer, ce qui est vraiment bien dans ce livre, c’est le début et la fin. A savoir la rencontre entre Chris et Kate qui est plutôt cocasse et m’a fait rire et la fin où j’ai commencé à m’attacher à nos deux héros. Entre deux, malheureusement, il n’y a rien de bien transcendant. Je compte tout de même lire le deuxième tome car l’héroïne m’a déjà tapé dans l’oeil et elle a l’air d’avoir un sacré caractère!

En conclusion, je pense que j’ai tellement entendu des avis positifs sur ce livre que la chute en a été que plus douloureuse 😦 J’espère que le deuxième tome ne me décevra pas!

Bad romance, tome 1 – Céline Mancellon / Editions Milady (New adult), 2016, 547 p., 16.90€

Chroniques littéraires·Fantasy

« Cass? Cass??? Depuis quand on est passé à l’étape surnom? Est-ce que je l’appelle Gabillou, moi? »

À 18 ans, Cassiopée est contrainte de quitter l’orphelinat dans lequel elle vit depuis l’accident qui a tué sa mère.
Seule au monde et lâchée dans la ville, elle a la désagréable et persistante impression d’être suivie… Un soir, elle est violemment agressée par deux inconnus. Très mal en point, elle est sauvée de ce mauvais pas par un mystérieux et séduisant garçon, Gabriel. Leur rencontre n’est pas un hasard. Grâce à lui, Cassiopée découvre sa véritable nature : elle appartient aux Myrmes, un peuple ailé doté d’incroyables pouvoirs sensoriels. En pleine métamorphose, la jeune fille se lance dans cet univers totalement nouveau avec l’espoir de percer, enfin, les mystères de son passé.

[Ce que j’en pense:] Ce livre a été mon tout premier achat chez Belgique Loisirs. A cette occasion, j’avais droit à un autre livre de la même valeur gratuitement, j’ai donc jeté mon dévolu sur le tome 2 qui venait justement de sortir. Et bien m’en a pris, parce que cette série est vraiment addictive.

Ce qui m’a de suite plu pendant ma lecture c’est l’héroïne, son franc-parler et son sens de la répartie. Je ne compte plus les fois où j’ai éclaté de rire grâce à ses réflexions et punchlines. Franchement, juste pour Cassiopée, je sais que je relirai un jour cette trilogie. Ensuite le personnage de Gabriel n’est pas en reste non plus. Il est plus sérieux et plus grave que Cassiopée mais il n’est pas pour autant dépourvu de sens de la répartie. Cassiopée étant plus jeune, elle peut donner l’impression d’être immature, surtout face à Gabriel. Mais je pense personnellement que son vécu y est pour quelque chose. Ce côté immature pourrait être une manière de se sentir « enfant » alors qu’elle a dû grandir plus vite que la normale face à la mort de sa mère et sa vie en orphelinat. Elle a certain un sens des responsabilités et sait faire preuve de loyauté.

Concernant l’histoire, j’ai tout de suite accroché à l’histoire des Myrmes, leur mythologie, leur manière de vivre. C’est un univers très intéressant que l’on découvre en même temps que Cassiopée et qui n’est parfois pas toujours aussi top glamour comme certains personnages essayent de faire croire. Il y a également de l’action, du mystère et des retournements de situation ce qui rythme la lecture et nous fait avaler les 700 pages en un rien de temps. A ce niveau là, je salue le talent de l’auteur parce que pour un premier livre et à son âge c’est très réussi. Si je devais soulever deux points plus négatifs, c’est le triangle amoureux qui essaye de s’installer et qui sera vite balayé suite aux événements qui se passeront (du coup était-ce vraiment nécessaire?) et certaines « révélations » que j’avais anticipées.

Pour conclure, ce livre fut une excellente découverte et heureusement que j’avais le tome 2 sous la main!

Les ailes d’émeraude, tome 1 – Alexiane de Lys / Editions France Loisirs (Nouvelles Plumes), 2014, 697 p., 22.70€