Chroniques littéraires·New adult

« Elle avait peur et tremblait. Sa sueur a fait jaillir son parfum jusqu’à moi, m’humanisant au pire moment, en cet instant où j’avais vraiment besoin d’être le diable auquel ma naissance m’avait prédestiné »

POUR LECTEURS AVERTIS

« J’aime le soulagement que procure l’acte sexuel. Il n’est pas grand-chose qui me procure du plaisir, et le sexe ne m’en donne pas beaucoup, mais c’est pour moi un exutoire. J’adore franchir les limites des autres. J’adore les dégrader. Sadique, moi ? Oui. »

On dit que certaines personnes manquent d’empathie en raison d’une activité réduite au niveau du lobe frontal. C’est peut-être mon cas, mais que je sois né ainsi ou que je le sois devenu, l’empathie n’était pas mon fort jusqu’à ce que ses yeux verts croisent les miens dans un miroir… et que je sois incapable de lui ôter la vie.
Je ne voulais pas ressentir d’émotions, je refusais que cette femme vienne compliquer ma vie, elle qui avait été envoyée pour me hanter à cause de mes péchés. Mais la mission a mal tourné et ses conséquences ont transformé ma vie à jamais. En m’obligeant à ressentir des émotions.

Un nouveau phénomène est en train d’émerger par chez nous : la dark romance. Ce nouveau genre attaché à la romance a émergé aux Etats-Unis dans le milieu de l’auto-édition. En dark romance, on franchit les limites morales et légales. Généralement, l’héroïne est kidnappée, séquestrée et brisée moralement par un homme dont elle tombera amoureuse (#SyndomeDeStockholmBonjour). Ce sont donc des livres pour un public averti, il ne vaut mieux pas se lancer là-dedans sur un coup de tête.

[Ce que j’en pense:] Après avoir entendu parler de la trilogie Captive in the Dark de CJ Roberts, ma curiosité a été titillée. Mais j’avais peur de me lancer dans ce nouveau sous-genre de la romance. Du coup, ce livre m’a paru être un bon compromis. Sur la couverture du livre, il y a la mention « Dark romance, pour public averti » mais après avoir lu le livre, je me demande vraiment si c’est de la dark romance. Il m’a plutôt fait l’effet d’un thriller bien violent avec une romance qui naît entre les personnages.

Dans tous les cas, cette histoire est juste « waow » et je ne regrette absolument pas ma lecture. J’ai dévoré ce livre en une journée et heureusement, le second tome va bientôt sortir à l’heure où j’écris ces lignes.

Au début, j’étais un peu perplexe car je me suis mélangée les pinceaux entre les deux frères, Blake et Ryan. Ils sont tous les deux… particuliers et pas forcément sains d’esprit. Une fois que je me suis bien mise en tête qui était qui, c’est allé comme sur des roulettes. Au milieu, il y a Melody, une jeune fille pleine de vie entre ces deux âmes sombres. Elle ne sera pas ménagée pendant tout le récit et on la verra sombrer sans pouvoir l’aider. L’histoire alterne les points de vue entre Melody, Ryan et Blake et cela nous permet de comprendre ce qu’ils sont, d’aller plus loin sur ce que l’on sait, de deviner qu’il y a quelque chose d’autre qui cloche sans pouvoir toutefois mettre le doigt dessus. On se demande vraiment comment l’auteur va arriver à faire aboutir la romance entre les deux personnages, surtout quand on sait les horreurs qu’il y a derrière.

La plume de l’auteur est d’une intensité rare. Elle nous fait passer par plein d’émotions. On stresse, on pleure, on rit, on tombe amoureuse des personnages, on arrive à voir l’espoir dans toute cette noirceur. Elle transgresse aussi certains tabous sans que cela soit trop dérangeant, elle ne nous laisse pas nauséeuse et choquée à vie par les événements. En fait, elle nous sauve de la noyade en même temps que les personnages.

Et cette fin, mon dieu! L’auteur a une imagination débordante pour nous pondre un tel retournement de situation. Je ne m’attendais pas à cela et j’ai littéralement été scotchée. Et les dernières pages, elles me font tellement peur pour la suite. Vite vite le tome 2 pour savoir s’il va oser!

En conclusion, c’est un bon livre pour se tester. Si vous voulez vous lancer dans la dark romance mais que vous hésitez, commencez par lire ce livre. S’il vous a plu, foncez. Dans le cas contraire, il sera inutile de poussez dans la vraie et pure dark romance. Pour ma part, je vais lui mettre un coup de coeur pour toutes les émotions qu’il m’a fait ressentir et je pense m’aventurer plus loin sur le sentier des romances interdites… en espérant en sortir indemne!

Heartless, tome 1 : Mercy – Ker Dukey / Editions Milady (New adult), 2017, 314 p., 16.90€

Chroniques littéraires·Polar-Policier-Thriller

« Une femme qui cherche à s’élever dans ce monde doit être encore plus cruelle que les hommes »

A dix-sept ans, Gwendolyn Bloom est loin d’avoir une vie ordinaire. Sa mère a été assassinée sous ses yeux dix ans auparavant et, depuis, elle a suivi son père, diplomate,  aux quatre coins du globe. Installée à New York il y a peu, elle a du mal à se fondre dans le moule de la lycéenne lambda. Le destin a, de toute façon, d’autres projets pour elle… Le jour où son père disparaît à l’étranger, Gwendolyn voit sa vie basculer. Le gouvernement américain refuse de s’en mêler et elle décide de partir à sa recherche, seule. C’est le début d’une longue traque et d’un voyage qui va la changer à tout jamais. Contrainte d’infiltrer les milieux criminels les plus dangereux, Gwendolyn découvre la face cachée de l’Europe, de Paris à Prague, en passant par Berlin. Pour survivre dans ce nouvel univers, elle n’aura pas le choix, elle devra devenir aussi impitoyable que ses ennemis. Saura-t-elle puiser en elle cette cruauté?

[Ce que j’en pense:] Ce livre commence sur des clichés, tout peut paraître se dérouler trop facilement mais je dois le reconnaître, ce livre est efficace.

Tout d’abord, nous avons affaire à une héroïne assez atypique qui a vu sa mère mourir sous ses yeux et son père voyage beaucoup dans le cadre de son travail. Ce qui fait qu’elle parle plusieurs langues et n’a pas vraiment d’amis. Quand je dis que le début est cliché c’est qu’elle n’est pas la plus populaire de l’école, elle se fait malmener par les pestes et l’ami qu’elle se fait est un geek. Plus cliché que ça, on meurt. Mais la tournure des événements va faire voler tout cela en éclat. J’ai aimé la voir devenir quelqu’un d’autre dans le seul but de retrouver son père, j’ai aimé la voir affronter des situations qui sont très difficiles, la voir essayer de tirer son épingle du jeu et devoir s’endurcir pour survivre. A ce moment-là, le titre du livre prend tout son sens.

Maintenant, je vais parler de facilité. Parce qu’il ne faut pas se mentir, une fille même pas majeure qui a une formation accélérée en krav maga et qui arrive aussi facilement à traverser les obstacles qui se dressent sur son passage, j’y crois moyen. Surtout quand le grand méchant, qui est censé être un mafieux de première, se fait avoir du début à la fin par une ado. C’est assez paradoxal avec les situations assez dures que l’auteur fait vivre à Gwen.

Après un départ assez lent, la suite de l’histoire se révèle assez rythmée. On court de pays en pays avec Gwen dans l’espoir de retrouver son père, on se demande ce que l’on ferait si on était confronté à de telles situations, on a peur pour elle, bref on passe par un melting pot d’émotions. La fin nous tient également en suspens car on se demande vraiment ce qui va pouvoir lui arriver dans les prochains livres. Scott Bergstrom a une écriture assez visuelle, il n’est pas difficile de se faire le film des événements dans notre tête et sa plume est également très fluide.

En conclusion, même si le récit n’est pas parfait, il est diaboliquement efficace. Un vrai « page turner » !

The cruelty, tome 1 – Scott Bergstrom / Editions Hachette, 2017, 425 p., 18€

Chroniques littéraires·Fantasy

« My name is Celaena Sardothien, she whispered. But it makes no difference if my name’s Celaena or Lillian or Bitch, because I’d still beat you, no matter what you call me »

After serving out a year of hard labor in the salt mines of Endovier for her crimes, 18-year-old assassin Celaena Sardothien is dragged before the Crown Prince. Prince Dorian offers her her freedom on one condition: she must act as his champion in a competition to find a new royal assassin.

Her opponents are men-thieves and assassins and warriors from across the empire, each sponsored by a member of the king’s council. If she beats her opponents in a series of eliminations, she’ll serve the kingdom for four years and then be granted her freedom. Celaena finds her training sessions with the captain of the guard, Westfall, challenging and exhilarating. But she’s bored stiff by court life. Things get a little more interesting when the prince starts to show interest in her … but it’s the gruff Captain Westfall who seems to understand her best.

Then one of the other contestants turns up dead … quickly followed by another. Can Celaena figure out who the killer is before she becomes a victim? As the young assassin investigates, her search leads her to discover a greater destiny than she could possibly have imagined.

[Ce que j’en pense:] Ce livre c’est trop d’la bombe! Je l’avais déjà repéré quand il était sorti en anglais. Ensuite est arrivée sa traduction en français et mon dieu le titre, quelle horreur! J’ai donc profité d’une escapade en Angleterre pour l’acheter. Et pour dire à quel point j’ai adoré, pendant ma lecture j’ai commandé les tomes 2 et 3 pour être sûre de pouvoir les enchaîner sans devoir attendre.

L’auteur a indéniablement un don pour écrire ses histoires. On est directement happé dans son univers, il y a de nombreuses choses qui se passent et on ne s’ennuie pas une seconde. En fait, on vit carrément les événements avec les personnages. On a peur, on rit et on pleure avec eux.

Au fil de la lecture, on se demande comment les situations seront résolues, à savoir : comment Celaena va-t-elle faire pour gagner ce tournoi ? Sera-t-elle à la hauteur malgré sa réputation ? Qui tue les adversaires et va-t-elle subir le même sort ? Va-t-elle craquer pour le prince Dorian ou pour le capitaine Chaol (ou les deux ^^) ? La magie a été bannie mais a-t-elle réellement disparue et où se trouve-t-elle ?  Comment faire face au roi et le renverser ? Bref, comme vous pouvez le constater, on n’a pas de quoi s’ennuyer et toutes les questions ne seront pas forcément résolues dans ce premier tome. C’est d’ailleurs là qu’on se rend compte que l’auteur voit grand. Elle nous raconte une histoire mais pose en même temps les jalons pour les tomes suivants. On prend conscience de la complexité de son univers.

Au niveau des personnages il y a une bonne dynamique entre le trio Celaena-Dorian-Chaol, ce qui permet de ne pas les résumer à un triangle amoureux. L’auteur évite de faire dans la guimauve et heureusement car cela ne collerait pas avec le caractère de l’assassin. Celaena est un redoutable personnage que l’on découvre assez posée et réfléchie. Même si elle est redoutée, elle sait s’adoucir par moment. Et oui, même le meilleur des assassins n’est pas qu’une brute épaisse! Là aussi on sent que l’auteur ne nous dit pas tout sur son personnage et qu’elle nous réserve quelques surprises.

Allez, s’il faut soulever un point négatif, je pense que les épreuves du tournoi auraient mérité qu’on s’y attarde un peu plus. Mais bon c’est juste histoire de chipoter un peu…

En conclusion, ce premier tome addictif m’a juste donné envie de me jeter sans retenue sur les suivants. J’ai hâte de continuer à vivre des péripéties aux côtés de notre trio infernal 😀 Mention spéciale pour les couvertures en VO qui sont juste sublimissimes! ❤

Throne of Glass, book 1 – Sarah J. Maas / Editions Bloomsbury, 2012, 432 p., £7.99

Note : Livre lu en anglais. Il a été édité en français chez De la Martinière (Fiction J.) sous le titre Keleana, tome 1 : L’assassineuse ou bien chez Le Livre de Poche sous le titre Keleana, tome 1 : La prisonnière. Au fait, si vous savez lire en anglais, ne perdez pas votre temps et lisez en VO parce qu’en français, seuls trois tomes sur cinq ont été publiés…

Traduction du titre de l’article : « Je m’appelle Keleana Sardothien, chuchota-t-elle, mais peu importe que mon nom soit Keleana, Lilian ou Salope: Quel que soit celui que tu me donneras, je te battrai toujours. »

Chroniques littéraires·Fantasy

« Calme tes ardeurs Daddy, nous ne nous connaissons pas encore assez pour autant d’effusion »

Tout juste de retour au camp des Myrmes, Cassiopée affronte une première déconvenue : Gabriel est en mission espionnage et les deux amoureux sont brutalement séparés. Arrive alors Leo, un jeune homme mal en point qui ne tarde pas à révéler sa véritable identité. Ancien Myrme devenu Narque, il a un message à lui transmettre de la part de Manassé : Cassiopée est en danger au sein de son propre clan. Le mal serait-il vraiment du côté des Narques ? Gabriel est bientôt porté disparu. Tout porte à croire qu’il est mort, mais Cassiopée, convaincue du contraire, décide de suivre son intuition et part à sa recherche, aidée de ses amis.

[Ce que j’en pense:] J’étais bien contente de pouvoir lire le tome 2 juste après le tome 1, au moins ça m’a permis d’être directement dans l’histoire. Sur ce, on ne va pas y aller par quatre chemins, ce tome est globalement moins bon.

La grande nouveauté est l’alternance des points de vue entre Gabriel et Cassiopée. Nous avons quelques chapitres selon le point de vue de Gabriel et cela nous permet de suivre ce qu’il fait en parallèle de l’histoire de Cassiopée. Cela permet aussi d’un peu mieux le connaitre, de voir comment il réfléchit aux différentes situations qui se présentent à lui. Concernant Cassiopée, même si elle gagne en maturité et maîtrise mieux ses pouvoirs, elle reste très immature. J’avoue, je m’attendais à plus « d’évolution » de ce côté là de sa part. Par contre pas de panique, elle a toujours son sens de la répartie! Les amis de Cass’ sont de bons personnages secondaires, ils lui sont très fidèles et prêts à la suivre jusqu’au bout du monde. Pour finir avec les personnages, j’ai eu un gros coup de coeur pour Deb. Il est excellent! 😀

Concernant l’histoire, il y a clairement quelques longueurs qui cassent le rythme. Le ton est aussi plus grave et il y a plus de moments poignants. C’est là qu’on se rend compte qu’il y a « quelque chose de pourri au royaume du Danemark » comme dirait ce bon vieux Shakespeare et chez les Narques, ce n’est guère mieux. A mes yeux il n’y a pas eu de réelle surprise dans le déroulement des événements et sur les révélations faites. C’est dommage mais cela ne gâche pas non plus la lecture.

En conclusion, même si ce 2e tome est en-dessous du 1er, j’ai vraiment hâte de savoir comment nos amis vont s’en sortir…

Les ailes d’émeraude, tome 2 : L’exil – Alexiane de Lys / Editions France Loisirs (Nouvelles plumes), 2016, 489 p., 18.95€